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En 2008 a été crée l’Observatoire Franco Brésilien des banlieues et des périphéries qui regroupait les municipalités de Nanterre (Fr.) d’Alvorada (Br) la communauté d’agglomération Plaine Saint-Denis, les Universités Paris 8 et l’Université Luthérienne du Brésil de Canoas. Le FALP (Forum des Autorités locales de Périphérie) a participé activement à cette création et à son développement.

Des enquêtes ont eu lieu au Brésil (Avorada, Canoas, Porto Alegre) et en France (en particulier à Grigny dans l’Essonne, et à Saint-Denis). En décembre 2009, un colloque international à été organisé à l’Université Paris 8 par l’Observatoire sur le thème : « Etat Contemporain et subjectivités urbaines ». Les actes du colloque sont en cours de publication.

En 2010, l’Observatoire franco-brésilien s’est transformé en Observatoire International des banlieues et des périphéries.

Le propos de cet Observatoire est de faire travailler ensemble des élus et des fonctionnaires municipaux, des universitaires et des membres des mouvements sociaux des banlieues et des périphéries, pour que la situation réelle des habitants soit mieux connue, ainsi que leurs mots et leurs actions pour la transformer. En effet si les discours des autorités et ceux des universitaires sont connus, tel n’est pas le cas pour la par des gens et celles de leurs mouvements. L’Observatoire se propose donc de faire travailler ensemble élus, universitaires et habitants sur ce qu’il en est de la situation vécue et formulée par les habitants eux-mêmes.

En février 2010 des contacts ont été noués avec les universités de Dakar (UCAD) et Saint-Louis (Gaston Berger) et avec des personnes et des associations investies dans les banlieues. Des atelierssur ces questions se sont tenus  lors du FSM de février 2011 qui ont débouchés sur la création d’une antenne de l’Observatoire au Sénégal.

Méthodologie

Notre règle est d’attacher une grande importance aux mots, à leur usage et à leurs assignations. Nous avons, depuis de longues années, soutenu qu’il existait différents lexiques, différents registres de mots : cela a été confirmé par de très nombreuses enquêtes de terrain. Il y a trois ordres de lexiques : le lexique des institutions, des pouvoirs publics (qu’on peut désigner comme lexique de l’Etat), le lexique du savoir universitaire et académique, « scientifique », et enfin le lexique des « gens ».

Nous pouvons aussi dire : les mots de l’Etat, les mots du savoir, les mots des gens. Trois ordres de lexiques qui sont aussi trois ordres de discours. « Discours » ici veut dire : des opérations singulières de pensée (ou, comme nous le disons aussi, d’intellectualité). Ces trois ordres (ou du moins celui des gens et celui de l’Etat) sont absolument séparés, disjoints. Ce n’est pas la même langue, ce ne sont pas les mêmes mots ni la même pensée, et quand quelquefois le mot est le même (« famille », « école », « loi », « droits », « justice », par exemple), il ne veut absolument pas dire la même chose.

Singularité et comparatisme. Nous sommes profondément convaincus de l’existence de singularités nationales irréductibles. Et pour autant, dans les politiques étatiques actuelles, et dans les situations populaires de mobilisation, de profondes similitudes apparaissent.

La globalisation à notre sens doit être investie dans ses effets à l’intérieur de l’Etat national et peut recevoir d’un pays à un autre un traitement différent.

Les espaces urbains municipaux sont des petits Etats, inscrits dans la grande forme de l’Etat national. Tenter de cerner sur quelques points ce qui s’y passe et ce qui pourrait éventuellement advenir d’autre exige une qualification de la forme actuelle de l’Etat soit référentielle, tant dans l’analyse des politiques institutionnelles que pour savoir d’où l’on parle si on pense essentiel que les habitants prennent la parole. Va-t-on ou non leur reconnaître un lieu propre dont la logique, les valeurs et les enjeux ne sont pas ceux du pouvoir.

-les situations actuelles manifestent une crise et de la catégorie de politique et de celle de la représentation. Beaucoup de nos enquêtes ont montré que la notion de politique est pour les gens des quartiers articulée à celle de politicien, de pouvoir et de stratégie de carrière. La politique comme champ de possible ouvert n’a plus lieu à leurs yeux. Comme si le pouvoir et l’Etat s’indexaient aujourd’hui la notion de politique et se la rendaient captive. Le regard des gens, en particulier des jeunes sur la politique est homogène à leur regard sur l’Etat et le pouvoir. Et ce sans alternative aucune. Institutions, élections, relèvent d’une fonctionnalité, celle de l’Etat, et nullement de quelque chose qui serait ouvert et véhiculerait un possible alternatif. La représentation, celle des partis, est absolument remise en cause.

La question du territoire et de la territorialité est très souvent citée dans les politiques urbaines. Nous sommes arrivés à la conviction qu’une approche en termes de territoire était extrêmement étatique, entraînait celle de population (ou des populations) du territoire, et leurs qualifications par les instances et services intéressés. Territoire, population, interlocuteurs privilégiés, responsables communautaires, grands frères : tout cela relève du maillage et du cadrage étatique. La question d’une parole propre et avec elle, celle d’un projet propre des gens, reste ouverte. Nous faisons l’hypothèse que de tels lieux sont possibles et urgents.

Les gens de banlieues, ceux des périphéries et des quartiers ont constamment à affronter et les mesures et pratiques étatiques et la question de ce que pourraient être et leur lexique propre et leur dessein singulier. Avec les périphéries et les banlieues nous sommes au cœur du contemporain des gens. Il y a d’autres lieux, certes. Mais ceux-là, banlieues, périphéries, villes, sont essentiels.

 

Contacts

observatoire.banlieues@yahoo.fr

Observatoire International des Banlieues et des Périphéries

Institut d’Etudes Européennes

Université de Paris 8

2, rue de la Liberté

93200 Saint-Denis FRANCE

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